Affichage des articles dont le libellé est Ardennes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ardennes. Afficher tous les articles

L’homme rouge de la forêt d’Ardenne

Dans la forêt d’Ardenne, il y eut, jadis, un ogre appelé "l’homme rouge". II y a de cela longtemps, bien longtemps, une jeune fille d’une beauté merveilleuse, nommée Marie Dufour, avait, malheureusement, quelques dartres vives sur la figure. Elle résolut d’aller à Attigny implorer saint Méen et se mit en route avec son amie préférée, la Garotte. En traversant la forêt, elles se perdirent. Très inquiètes, cherchant leur chemin, elles virent venir à elles un homme tout de rouge habillé et lisant "dans un livre sans lettres."

– Vous êtes égarées, mes belles, leur dit-il, suivez-moi

Et, suivant l’homme rouge, elles marchèrent deux heures et arrivèrent enfin à une maison que cachaient de grands rochers et des arbres épais. Elles entrent et voient, devant une haute cheminée, un autre homme rouge faisant cuire, dans un immense chaudron, des pieds, des mains, des bras et des jambes d’hommes et de femmes. Elles veulent fuir, mais la porte s’est refermée, impossible de sortir. 

- Où iriez-vous, d’ailleurs, leur dit l’homme rouge, il fait noir, il pleut, vous vous perdriez encore dans les bois, montez vous coucher.

C’est ce qu’elles firent, mais ne s’endormirent pas et entendirent, à peine dans le lit, des bruits d’assiettes, de couteaux, des voix et des rires. Puis, le repas terminé, ce fut un bruit de couteaux qu’on aiguisait. Heureusement que Marie Dufour et la Garotte purent s’échapper par une lucarne, à l’instant même où l’homme rouge entrait dans la chambre pour les égorger.

Elles rentrèrent chez leurs parents, ne songeant plus à leur pèlerinage d’Attigny et, depuis ce jour, on ne revit jamais plus l’homme rouge de la forêt.

Albert MEYRAC (1890)

D’où vient le nom d’Euilly

Voici ce que racontent les habitants d’Euilly. Saint Maximin étant mort en Aquitaine, les habitants de Trêves, d’où il était originaire, allèrent chercher son cadavre qu’ils ne voulaient pas laisser en terre étrangère. Or, en traversant les Ardennes, il arriva que le corps du saint fut déposé sur un eulle (petit talus, en patois ardennais). Un paralytique, s’en étant approché, fut tout aussitôt guéri. Or, à l’endroit même où s’était accompli ce miracle, on éleva une chapelle, plus tard remplacée par une église autour de laquelle fut construit le petit village d’Euilly.

Albert MEYRAC (1890)