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La mule convertie

Bourges possède en outre trois églises paroissiales, la première est l'église de Saint-Pierre-le-Guillard.

Une bizarre légende se rattache à la fondation de cette église. On rapporte que son nom lui vient d'un certain juif appelé Guiald ou Guyard, lequel ayant entrepris une discussion religieuse avec St. Antoine de Padoue, fut vivement pressé de se convertir à la foi chrétienne.

À bout d'arguments, l'hébreu répondit qu'il ne le ferait que s'il voyait sa mule adorer le Saint-Sacrement. Le saint ayant présenté l'hostie à l'animal, celui-ci s'agenouilla, et son maître, convaincu par ce miracle, se fit baptiser, et de ses deniers construisit l'église qui porte son nom.

Cela se passait vers l'année 1220. Un tableau qu'on voit encore dans le temple consacre ce fait mémorable.

Hippolyte BOYER (1848)

 

Dans la Nouvethèque, retrouvez les "Légendiers de France"

Pays de Caux, Pays de Bray, Pays Niçois

Une nouveauté par mois.

 

Dénouez les aiguillettes

Par une ordonnance ecclésiastique et les attendus synodaux du diocèse de Bourges, en 1608, sur ce que nous avons entendu que les maléfices sont fréquents dans cet endroit, et même pratiqués dans les églises, pour troubler et empêcher les faits des mariages, en préjudice de l’honneur dû à Dieu et aux sacrements, nous enjoignons à tous, curés et vicaires, de déclarer pour excommunier, de notre part, au prône de leur messe paroissiale, dès à présent, tous ceux qui useront de tels maléfices, soit par le moyen d’aiguillettes ou tout autrement.

THIERS Jean-Baptiste (1777)

La famille trop gourmande

Cher
Le renard invita un jour le loup à visiter certain poulailler d'Ineuil, où se trouvaient douze poules et un coq. Le renard mangea modérément, mais le loup goinfra tellement que la peau de son ventre en a craqué et qu’il en est crevé.
Le renard alla trouver la louve pour lui faire part de cette fâcheuse aventure. Elle voulut voir une dernière fois son cher mari, mais à peine arrivée au poulailler, elle ne songea plus qu’à se régaler. Elle mangea tant qu’elle put ; elle n’en mourut pas, mais elle y gagna un mal de ventre qui lui dura bel et bien sept ans.
Un jour qu’elle se plaignait de ses coliques, ses enfants lui dirent :
— C’est bien fait, fallait pas être si gourmande.
Vexée, elle ne répondit rien sur le moment, mais quelques jours après elle leur fit visiter un poulailler bien garni, où ils se remplirent si bien la panse qu’ils en crevèrent comme leur père. La louve était vengée de l’impertinence de ses enfants.

Eugène ROLLAND (1877)