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La mule convertie

Bourges possède en outre trois églises paroissiales, la première est l'église de Saint-Pierre-le-Guillard.

Une bizarre légende se rattache à la fondation de cette église. On rapporte que son nom lui vient d'un certain juif appelé Guiald ou Guyard, lequel ayant entrepris une discussion religieuse avec St. Antoine de Padoue, fut vivement pressé de se convertir à la foi chrétienne.

À bout d'arguments, l'hébreu répondit qu'il ne le ferait que s'il voyait sa mule adorer le Saint-Sacrement. Le saint ayant présenté l'hostie à l'animal, celui-ci s'agenouilla, et son maître, convaincu par ce miracle, se fit baptiser, et de ses deniers construisit l'église qui porte son nom.

Cela se passait vers l'année 1220. Un tableau qu'on voit encore dans le temple consacre ce fait mémorable.

Hippolyte BOYER (1848)

 

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La Patte Luzerne


Les matelots du Var racontaient qu’un navire d’espèce géante avait jadis fréquenté leurs côtes.

Il s’appelait la Patte Luzerne, et il était tellement grand que, lorsqu’il partait de Toulon, son arrière débouchait à peine de la rade alors que son beaupré sortait du détroit de Gibraltar.

Paul SÉBILLOT (1904)

 

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Le château du baron des Adrets

Au-delà de Valence, sur la rive gauche, vous apercevez une roche élevée, unie, perpendiculaire. Au sommet, on distingue encore quelques restes de muraille, une tour en ruines et des remparts, C’était le château du baron des Adrets, le farouche protestant. C’est de là-haut, dit-on, qu’il faisait précipiter en bas les soldats catholiques tombés entre ses mains. On connaît cette histoire de l’un d’eux, qu’un bon mot sauva du supplice auquel il était condamné. 

Le baron des Adrets avait rassemblé un assez grand nombre de prisonniers, et, par représailles de cruautés envers le parti catholique, s’amusait un jour à les faire sauter du haut des remparts. L’un de ces prisonniers, moins décidé à mourir que les autres, avait déjà pris cinq ou six fois son élan sans pouvoir tenter ce saut dont on ne revenait pas. Il courait jusqu’au bord du rempart, puis s’arrêtait devant l’abîme, et revenait en arrière mettre à une nouvelle épreuve son courage.
À la fin, le rude baron, impatienté, lui cria :
– Je te le donne en trois.
– Monseigneur, répondit froidement le soldat, je vous le donne en dix.
Et le baron, frappé de cette présence d’esprit, lui accorda sa grâce.

Xavier MARMIER (1841)

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La mort de Saint-Dizier

Saint-Dizier en sortant de Villars-le-Sec rencontra le diable ; pour l’éviter il s’enfuit dans un bois voisin et se réfugia sur un chêne ; le diable l’y poursuivit, et tous deux sautèrent par terre, laissant la trace de leurs pas sur une grosse pierre qui doit se trouver encore à l’entrée de la forêt de Villars-le-Sec.

Le Saint, dans sa course, s’arrêta sur le territoire de Croix et se reposa dans un endroit où on érigea une croix, puis toujours poursuivi, se sauva dans l’église et laissa tomber une goutte de sang sur une pierre placée à l’entrée ; s’échappant ensuite par une fenêtre, il gagna le village du Val, puis désespéré, il tomba et se noya dans la fontaine de ce lieu d’où on le retira pour l’enterrer dans l’église de Saint-Dizier.

Anatole de BARTHÉLEMY (1874)

 

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La prédiction du corbeau

Pourquoi désigne-t-on sous le nom de Rocher du Corbeau un rocher qui domine le coll de la Guilla (col du Renard) dans la vallée de Prats ? Le corbeau est un oiseau sinistre, et il faut qu’il ait laissé dans ces parages de tristes souvenirs.

Ces souvenirs remontent à l’invasion des Arabes, qui provoqua l’immigration des chrétiens dans la montagne.
Près des sources du Tech s’était réfugiée une famille de gens laborieux : le père et la mère cultivaient la terre, Guiselda, leur fille, à peine âgée de quinze ans, allait garder les chèvres dans la montagne. Comme elle était très jolie, les bergers la recherchèrent. Et peu à peu, elle devint coquette.
Guiselda se mirait un jour dans l’eau claire d’une fontaine, garnissant sa chevelure d’une couronne de pampres et son cou d’un collier de verdure, lorsqu’elle entendit une voix qui l’appelait. Elle se retourna, croyant peut-être apercevoir le prince charmant qu’elle rêvait, mais elle ne vit qu’un corbeau haut perché sur un pic.
— Guiselda ! Guiselda ! semblait crier l’oiseau.
Si les bêtes avaient le don de la parole, pensa la jeune fille, je croirais bien que ce corbeau m’appelle. Mais il n’aurait pas une voix aussi mélodieuse.
Comme elle s’approchait pourtant, le corbeau lui tint ce propos :
— Belle Guiselda, ne sois pas étonnée d’entendre ma voix, tu sauras plus tard qui je suis. Tu seras un jour la femme d’un prince d’Orient. Je te vois reine, je te vois puissante, trônant dans un magnifique palais.
Et le noir corbeau s’envola en croassant et avec un bruissement d’ailes qui glaça d’effroi la jeune fille confondue…

Quelque temps après, on annonçait l’arrivée des Arabes. Devant ces dévastateurs fuyaient les bergers et leurs troupeaux. Guiselda prit aussi la fuite avec ses parents, mais ne put résister aux fatigues de la marche ; exténuée, à bout de forces, elle s’affaissa devant une grotte et se recommanda à la Vierge, tout à coup se fit entendre le bruit du galop d’un cheval : c’était un beau cavalier qui arrivait bientôt des terribles guerriers Maures.
Le chef de la troupe mit pied à terre en apercevant Guiselda, lui offrit à boire et la ranima. Mais, vaincu par ses charmes, il l’emporta sur sa croupe en l’entourant de mille prévenances qu’un amoureux prodigue à sa belle.
Et la prédiction du corbeau se réalisa : aimée du chef Maure, Guiselda fut conduite à Jaffa et devint la reine du harem. Elle eut pourtant à subir de dures épreuves et elle aurait bien donné sa royauté et ses bijoux pour revoir le Vallespir et sa chèvre Zilda.
La Vierge du Coral eut pourtant pitié d’elle et lui donna les moyens d’échapper au Sultan et de revenir dans le beau Roussillon.
Les vieux parents de la bergère disparue ne reconnurent plus Guiselda tant la douleur avait fait des ravages sur sa figure jadis si douce. Ce n’était plus, hélas, la belle paysanne que les bergers admiraient !
Elle revit pourtant avec un bonheur ineffable ses vieux parents, sa chèvre Zilda, les montagnes et les fleurs. Elle semblait peu à peu renaître à la vie lorsqu’elle entendit un jour une voix qui la fit tressaillir.
— Guiselda ! Guiselda !
La pâle Guiselda aperçut alors le maudit corbeau qui lui avait fait jadis une si funeste prédiction. Elle poussa un cri de terreur et tomba à genoux pour implorer la Vierge du Coral. À cette évocation, le corbeau disparut bruyamment, tandis que Guiselda rendait le dernier soupir. Et on vit, parait-il, des anges emporter l’âme de la malheureuse fille…

Horace CHAUVET (1899)

 

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Le Palet de Gargantua

Un jour que Gargantua se trouvait avec deux géants de ses amis, Courte-Échine et Fine-Oreille, sur la montagne de l’Hautil au-dessus de Chanteloup, il leur proposa une partie de palet dont l’enjeu serait une colossale friture que l’on irait consommer à Cergy. Il fut convenu que celui dont le palet se rapprocherait le plus de cet endroit serait le gagnant.

À cette époque, le plateau de l’Hautil était couvert de dalles en grès d’une dimension considérable. La partie commença : Courte-Échine se baissant, ramassa un bloc énorme qu’il jeta négligemment devant lui ; soit qu’il n’eût pas pris assez d’élan, soit que la force lui manquât, son palet alla tomber dans la Seine, en face d’Andrézy, dont il obstrua le cours pendant de longues années. 

Fine-Oreille à son tour lança un roc qui, après s’être élevé à une hauteur prodigieuse, s’abattit dans les environs de Jouy-le-Moutier où on le voit encore.

Gargantua ramassa une dalle longue et large, mais peu épaisse, et la lança devant lui sans nul effort ; elle alla se ficher en terre à Cergy, où on l’appelle le palet de Gargantua.

Paul SÉBILLOT (1904)

 

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Le gouffre du dragon

Dans une des tours du donjon de l’antique forteresse de Lichtenberg, se trouve une chambre voûtée qui a été témoin d’une histoire des plus tragiques. Un seigneur de Lichtenberg y laissa mourir son frère de soif. Longtemps ce malheureux se désaltéra avec l’eau qui suintait des murs humides de son cachot ; mais enfin, trahi par le chapelain du château, on lui enleva cette misérable ressource en faisant lambrisser la voûte. 

Plus tard, le frère de la victime, rongé par les remords et dégoûté de la vie, invita le même chapelain, qui l’avait servi dans sa cruelle vengeance, à une partie de promenade sur les remparts du château ; soudain, il s’empara du traître et se jeta avec lui dans le précipice, où tous deux trouvèrent la mort en se brisant contre les rochers. Un dragon s’établit au fond du gouffre et il les a gardés jusqu’à présent. Interrogez les paysans de Lichtenberg, et des pays d’alentour, et ils vous diront que c’est la vérité.

Louis GILBERT (1905)

 

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Clovis et Saint-Martin

L’histoire publique de la basilique de Saint-Martin commence avec Clovis, le premier de ces illustres visiteurs qui allaient s’y succéder de siècle en siècle. En 307, le roi franc, marchant contre les Wisigoths, avait envoyé des présents au saint tombeau, et chargé son messager d’écouter le chant des psaumes en entrant dans la basilique, dans l’espoir d’y trouver un présage.

Au moment où l’envoyé du roi mettait le pied sur le seuil, on chantait cette antienne : Tu m’as ceint de force pour la guerre y Seigneur ; tu as mis sous mes pieds ceux qui s’élevaient contre moi. Animé par ces paroles où il vit un pronostic de victoire, Clovis attaqua les Wisigoths à Vouillé, et les mit en pleine déroute.

À la suite de cet événement, il vint lui-même à Tours, et après avoir offert à saint Martin son cheval de bataille, il voulut le racheter au prix de cent pièces d’or ; mais le coursier demeura immobile, et refusa de se laisser emmener. Le roi doubla la somme, et l’animal obéit à son maître.

Les vieux chroniqueurs auxquels nous empruntons cette naïve légende prêtent à Clovis une saillie toute gauloise : « Saint Martin est d’un bon secours, aurait-il dit gaiement ; mais il se fait bien payer. »

Casimir CHEVALIER (1869)

 

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Les grenouilles et les canards

On raconte qu’il y avait dans le village d’Avort (commune de Louerre), à une époque fort ancienne, une chapelle desservie par un ermite dont le nom ne nous est point parvenu. D’aucuns prétendent qu’il mourut en odeur de sainteté.
Sa demeure de solitaire était au bord d’un ruisseau dont les rives sont restées charmantes.
Le saint homme passait fort souvent le jour et la nuit en prières, mais il avait presque toujours à se plaindre du chant des grenouilles et des canards, fort nombreux sur le petit cours d’eau. À bout de patience, l’ermite « conjurit » les grenouilles et les canards.

Depuis ce temps, les grenouilles ne chantent plus ; les canards sont privés de postérité et ont les pattes effroyablement torses.
Les paysans qui m’ont conté cette histoire affirment que l’anathème du saint porte encore ses fruits. Je ne parle pas des canards, dont l’élevage a été fort abandonné à Avort. Les grenouilles chantent fort peu, peut-être parce que les eaux du ruisseau d’Avort sont très froides et leur plaisent peu pour cette raison.
Il reste à Avort quelques pans de murs très informes qui passent pour être les restes de l’ermitage.

Lionel BONNEMÈRE (1886)

 

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La fiancée jalouse

Un jeune homme allait visiter tous les soirs une jeune fille, sa fiancée. Quelquefois, elle n’était pas à la maison, mais quand il retournait la nuit, il voyait dans la prairie une génisse qui levait la tête et le regardait. Cela arriva plusieurs fois. À la fin, intrigué de savoir ce que cette génisse faisait là, il lui donna un grand coup de bâton, disant : « Que faites-vous là tous les soirs ? » Le lendemain, il trouva que sa fiancée était morte d’un coup de bâton que quelqu’un lui avait donné la nuit précédente.
C’était elle qui s’était changée en génisse par jalousie pour surveiller son amant, et pour voir s’il n’allait pas rendre visite aux autres jeunes filles du voisinage.

Anselme CALLON (1887)

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La fuite du Mardi-gras

Dans l’après-midi du mardi gras, tout le village était en rumeur. Les jeunes gens allaient de maison en maison se plaignant qu’il leur était impossible de vivre plus longtemps à Aulus, et qu’ils étaient décidés à quitter le pays, pour chercher une autre patrie plus hospitalière.
Nous mourons de faim, disaient-ils, dans ce maudit village, sans ressources et sans travail, et pour comble d’infortune, les jeunes filles, au lieu de nous retenir par leur gentillesse, semblent faire fi de nous. Nous ne voulons plus d’une terre si ingrate et de femmes si dédaigneuses.
Cela dit, ils chargeaient sur leurs épaules les instruments de travail, prenaient le bâton de voyage et se disposaient à partir. L’un portait sa faux, l’autre sa hache de charpentier ou son rabot, quelques-uns avaient une bêche, d’autres le vase de bois où l’on tient le lait. Ces préparatifs terminés, ils prenaient la route de Saint-Girons en disant adieu à ceux qu’ils rencontraient, et continuant leurs imprécations contre le sort qui les forçait à déserter la terre natale. On se préoccupait peu de leurs lamentations et de leurs menaces de départ, tant qu’ils n’avaient pas quitté le village. Mais dès qu’on les voyait se diriger du côté de la Bouche, quelques vieilles matrones, en tête desquelles figurait ma Bouno, se sentaient prises de compassion pour ces pauvres jeunes gens, et couraient en toute hâte au village frapper aux portes des maisons où se trouvaient des jeunes filles. Elles les gourmandaient sur le peu de cas qu’elles faisaient de leurs amoureux, leur demandant si elles auraient le courage de les laisser quitter le pays.
— Il ne vous reste plus, ajoutaient-elles, qu’un moyen de rappeler ces pauvres enfants. C’est de courir après eux, de leur demander pardon, et vous engager par serment à faire tout ce qu’ils exigeront.
De tels arguments ne pouvaient manquer de produire leur effet sur l’esprit des jeunes filles.
— Nous ne demandons pas mieux, répondaient-elles, que de rappeler ces braves garçons, d’être plus attentionnées à leur égard et de souscrire aux conditions qu’ils nous imposeront. Partons de suite, pour les rattraper, s’il en est temps encore. Là-dessus elles quittaient leurs demeures, sous la conduite des matrones, pour se mettre à la poursuite des fuyards. Comme elles marchaient en toute hâte, tandis que ceux-ci, s’éloignant à regret, allaient d’un pas mal assuré, elles ne tardaient pas à les rejoindre. La rencontre se faisait d’ordinaire avant qu’ils fussent sortis du vallon.
— Eh bien ! s’écriaient-elles de leur ton le plus suppliant, c’en est donc fait, vous nous abandonnez, Qui vous a poussés à une résolution si inattendue ?
— Nous avons résolu de quitter le pays, d’abord pour nous venger de l’indifférence que vous montrez à notre égard et de votre peu d’amabilité ; ensuite, parce que manquant de travail nous ne pouvons plus vivre au village,
— Nous ne voulons pas que vous nous quittiez. Si nous avons des torts envers vous, nous sommes disposées à les réparer et à cesser nos rigueurs, Que devons-nous faire pour vous retenir ? Nous sommes prêtes à tous les sacrifices que vous nous imposerez. Parlez, qu’exigez-vous de nous ?
— Nous ne consentirons à rentrer au village qu’à deux conditions : avant tout, vous nous promettrez de vous montrer désormais plus empressées et moins revêches, puis, vous vous engagerez à nous payer aujourd’hui même une rançon.
— Fixez vous-mêmes cette rançon. Elle vous sera comptée sur l’heure.
Aussitôt les jeunes gens se consultaient quelques instants pour déterminer la nature et la quotité du tribut. Il ne s’agissait de rien moins que d’une cinquantaine de fromages, d’autant de jambons, d’une centaine de tranches de lard, de deux cents saucissons et d’un millier d’œufs.
Ces conditions réglées et acceptées, on reprenait la route d’Aulus.
— Nous allons prendre les devants, disaient les jeunes filles, afin de nous mettre en mesure de tenir nos engagements. Dès que vous serez au village, venez frapper à nos portes, nous vous remettrons chacune notre quote-part.

Les choses se passaient ainsi qu’il avait été stipulé. Les jeunes gens entraient dans les maisons où se trouvaient des jeunes filles, et toutes offraient une partie de leurs provisions, c’était, tantôt la moitié d’un saucisson, tantôt un morceau de fromage ou une tranche de lard, d’autres fois une demi-douzaine ou une douzaine d’œufs. La tournée faite, on portait ce butin dans une des deux auberges du village. L’aubergiste, après l’avoir passé en revue et compté le nombre de bouches qu’il devait désaffamer, mettait de côté une partie des provisions. Cette réserve représentait la valeur du pain et du vin qu’il fallait fournir ; le reste était servi aux jeunes gens qui s’attablaient aussitôt et ne sortaient du cabaret que lorsqu’il ne restait plus trace de la rançon payée par les jeunes filles.

Adolphe d’ASSIER (1884)

 

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Échapper à la Vouivre

Considérons comme un globe lumineux l’œil de la Vouivre, le fanal dont elle s’éclaire dans ses courses aériennes, et qu’elle dépose sur le bord de la source, quand elle descend de ses hautes demeures pour se dé­saltérer ; mais n’oublions pas que ce globe est la chose du monde la plus précieuse.

Il est un objet de convoitise pour tous ceux qui voudraient être les plus opulents habitants de la terre, afin d’aller mettre leur fortune aux pieds de la beauté qu’ils aiment, et d’obtenir sans peine une main que l’avarice leur refuse. De hardis villageois ont conçu la généreuse pen­sée de l’enlever, et leur amour les avait détermi­nés à courir les hasards d’une conquête aussi pé­rilleuse.

Un héros en herbe était de Montrond. Pas bien avisé ou trop brave, il prit peu de mesures de précaution contre la terrible adversaire qu’il avait à dévaliser. Il ne s’était pourvu que d’une pioche, ayant appris par la voix publique que la Vouivre du château de Monrond se retirait de jour dans un trou pour dormir. Certainement, il aurait perdu la vie en combattant, s’il eût combattu, mais par bonheur pour lui, la première idée qui lui vint, dès qu’il la vit s’avancer contre lui, ce fut de se reculer et de fuir à pas précipités. Le jeune Dole (c’était son nom) poursuivi jusqu’au bas de la colline, allait payer bien cher une entreprise aussi téméraire, lorsque, se vouant aussitôt à la Sainte Vierge, il fut enfin délivré des attaques de la Vouivre, en tombant évanoui de peur. Revenu bientôt de sa pâmoison, Dole reconnaissant érigea, sur le théâtre de sa délivrance, un oratoire à Notre-Dame, oratoire que j’ai vu de mes propres yeux.

Hippolyte MONNIER & Aimé VINGTRINIER (1874)

Le Mandagot

Le Mandagot est un esprit malin, qui, chaque nuit, chie sous le lit de son maître un écu de cinq francs tout neuf. Le maître du Mandagot est libre de le donner ou de le vendre à qui il lui plaît. Mais il se rencontre bien peu de gens disposés à traiter une telle affaire, au prix de leur damnation éternelle. Par un jour de grand froid, un brave homme entra chez un riche charpentier de Montégut. Il n’y avait personne dans le chauffoir. Mais un bon feu flambait dans l’âtre. Sous la cheminée se trouvaient deux coffres, l’un à droite pour le sel, l’autre à gauche pour le Mandagot. Sans se méfier de rien, l’homme s’assit sur le coffre de gauche. Bientôt après, entra le charpentier. Tous deux devisèrent, en se chauffant, pendant plus d’une heure. Mais quand l’homme voulut partir, jamais il ne put se lever de sur le coffre.
Le Charpentier, qu’y a-t-il donc dans ce coffre ? Je ne puis pas me lever.
— Ce n’est rien, mon ami. Ce n’est rien.
Alors, le charpentier frappa sur le coffre et dit :
— Petiot, laisse-le aller. C’est un ami de la maison.
Aussitôt, l’homme put se lever. Il partit épouvanté, disant qu’en vérité le Mandagot était dans cette maison, et qu’il n’était pas étonnant que les maîtres fussent si riches.

Jean-François BLADÉ (1886)

L’ermitage de Mammascus

Meymac n’est pas une ville moderne improvisée par de puissantes industries ; elle a son rang d’antiquité.

Un saint homme, appelé Mammacus, vint s’établir au pied d’un des anneaux de cette longue chaîne de montagnes qui, depuis les Monédières, s’élève insensiblement jusqu’au plateau de Millevaches, après avoir traversé sur une longue étendue le département de la Corrèze.

Il avait pour richesse sa piété, pour force sa vertu ; pour exemple il montrait l’austérité de sa vie. Il avait fui le monde afin de répandre les lumières de la foi jusqu’au sein des peuplades barbares, et seul, sans défense, on le vit pénétrer dans la profondeur des bois et proclamer la grande nouvelle… la venue du rédempteur des hommes. Sa voix fut longtemps méconnue, mais un jour les échos redisent ses paroles, on accourt pour le voir et l’entendre, des familles entières quittent leur demeure et viennent habiter non loin de l’ermitage, au milieu des forêts.

Le site avait été bien choisi. De hautes montagnes protégeaient la bourgade et l’abritaient contre les vents froids, tandis qu’une large vallée, sillonnée par un ruisseau d’eau vive, s’étendait au midi entre deux mamelons.

Réunis par un sentiment commun de foi religieuse, les nouveaux adeptes bâtirent une église qui fut consacrée, en 546, par Rorice II, évêque de Limoges. Cette consécration mit le comble aux vœux du pieux ermite, et peu de jours après il échangeait contre les joies célestes les douleurs de la vie ; mais l’œuvre du saint anachorète devait lui survivre.

Après sa mort, le modeste ermitage fut transformé en prieuré, et le chapitre de Saint-Étienne de Limoges se chargea de pourvoir aux besoins du service religieux.

M. LABORDERIE (1844)

Le pas de la mule

Il y avait autrefois, à Saint-Étienne, un muletier nommé Urbain, lequel était propriétaire d’une grande mule toute blanche que, pour cette raison, il avait surnommée Hermine.

C’était, sans contredit, la plus forte mule de la contrée. Sans cesse, dans sa compagnie, Urbain parcourait, quand ils n’étaient pas encombrés de neiges, les passages qui mènent à l’Argentière ou à Vinadio, par-delà les hautes montagnes, pour en rapporter des sacs de bon blé du Piémont, dont il faisait le commerce. On avait tant de fois entendu, par monts et par vaux, son petit cri : Hue ! Hermine ! que les bergers qu’il rencontrait, çà et là, au lieu de lui dire : « Bonjour, Urbain ! » se prenaient à crier, eux aussi : « Hue ! Hermine ! »

Un soir qu’il ramenait à Saint-Étienne sa bête chargée, il se trouva face à face, au détour d’un chemin, avec une procession qu’il crut être de pénitents blancs. Or, ceux-ci ni ne chantaient, ni ne psalmodiaient, ni ne murmuraient parole latine ou autre ; on n’entendait pas plus leur souffle que le bruit de leurs pas ou celui de leur rosaire égrené ; à la main, ils tenaient une lumière pâle, qui brûlait sans éclairer.

Ce n’était ni plus ni moins qu’une procession de revenants, ainsi qu’Hermine l’avait tout de suite senti, car les animaux, avec leur simple instinct, flairent beaucoup mieux que les hommes l’odeur de la Mort.

Aussi Hermine soufflait-elle d’impatience, pendant que son maître, arrêté, baissait pieusement la tête, récitant les litanies des Saints. Elle se remit même en route, sans son ordre et sans daigner attendre que le dernier de la procession fût passé, de sorte qu’elle le sépara de ses compagnons.

Et le pénitent, comme interdit, de présenter sa lumière à Urbain, qui la prend machinalement, puis se met à suivre le cortège, entamant une nouvelle prière, lorsque, subitement, voici toutes les lumières qui s’éteignent ensemble, et la procession qui s’évanouit… Le muletier n’avait plus dans la main qu’un os de mort, en guise de cierge !

À peine en ville, sa bête pansée, il s’en courut chez l’archiprêtre, qui lui conseilla de restituer sans retard son cadeau au revenant, qu’il ne pouvait manquer de retrouver à la même heure, au même détour du chemin.

Ainsi fut fait. « Hue ! Hermine ! » La procession repassant, Urbain vit les fantômes blancs défiler avec leurs lumières pâles, et, derrière eux, il distingua, non sans peine, un autre fantôme, mais noir, celui-là, s’avançant péniblement, comme à tâtons, et paraissant éprouver de grandes angoisses, sans toutefois soupirer ni gémir. Quand il fut à la portée d’Urbain, il saisit brusquement la lumière que celui-ci tendait, et tout soudain sembla vêtu de blanc, à l’instar des autres fantômes qu’il rejoignit, volant plutôt que courant.

Urbain vit bien que la procession se rendait à l’église, qui était alors sur le grand chemin en amont de la ville : « Hue ! Hermine ! » En un instant, il est sous le porche, après avoir attaché à un anneau du mur sa bête qui s’ébroue et frissonne.

Il entre : l’église est froide, quoiqu’il y ait foule ; elle est sombre, quoiqu’il n’y ait jamais.eu tant de cierges allumés ; mais leurs flammes ne sont, dans la nuit épaisse, que comme autant de points blanchâtres et sans rayons.

Urbain connaît assez sa paroisse ; il s’avance : chaque fantôme qu’il est près de frôler, se dérobe silencieusement. Arrivé devant l’autel que huit cierges n’éclairent pas, il distingue vaguement un prêtre qui officie avec deux servants : ils n’ont ni voix, ni souffle, ni regard, ni chair, ni rien qui ait vie.

« Jésus-Dieu, secourez-moi ! » – s’écrie-t-il avec terreur, et il fait un grand signe de croix.

Or l’enfer, qui était dans le temple de Dieu, brise, pour s’en échapper, les portes et les fenêtres, fend la voûte, écarte les piliers massifs, fait sauter les dalles du pavé, avec un fracas pareil à celui du tonnerre.

Urbain s’est sauvé à temps. « Hue ! Hermine ! » dit-il, oubliant que sa mule est attachée. Mais elle n’est plus attachée : la frayeur décuplant ses forces, elle a si violemment tiré sur l’anneau, qu’elle a descellé la pierre où il était fixé, puis, d’un autre effort, rompu son licou et pris la fuite en bondissant. Urbain distingue le bruit de ses quatre sabots ferrés, il voit même de loin les étincelles qu’ils font jaillir du sol pierreux, il s’élance à sa poursuite, il appelle en vain cette compagne fidèle de ses voyages.

Hermine est sourde à toute voix humaine. Sa blanche crinière hérissée, sa queue droite, elle va à travers les torrents, à travers les rochers, les troncs d’arbres, les broussailles épineuses, monte et redescend les collines du même galop furieux ; elle a dépassé les lieux où la Tinée n’est plus qu’un ruisselet, quand enfin, haletante et fourbue, elle s’affaisse en arrivant au col qui dorénavant s’appellera le Pas de la Mule.

C’est à cette place qu’au point du jour, un petit pâtre reconnaît la belle mule blanche de Saint-Étienne, étendue sur le gazon. « Hue ! Hermine ! » – crie-t-il en manière de plaisanterie. Croyant entendre son maître, elle entr’ouvre ses yeux mourants et pousse son dernier soupir, peut-être à la même heure qu’Urbain qu’on ne reverra plus, car les esprits l’ont conduit au précipice, pour servir de pâture aux aigles et aux corbeaux, à moins qu’ils ne l’aient emporté vif dans leurs demeures souterraines, pour le punir d’avoir troublé leurs mystères.

Édouard CHANAL (1895)

Une lumière percutante

 

La nuit du vendredi d’avant la Pentecôte de 1002, une lumière, plus vive que la lumière du soleil, inonda l’église de saint Lucien, dans laquelle un religieux du nom de Gérard était en prières. Ce religieux se jugeant « de trop basse qualité et de trop petite estime entre les hommes », n’osa révéler ce prodige, de peur de n’être pas cru.

Trois fois la même lumière rayonna, sans qu’il eût le courage de le dire au supérieur. Il tomba dans une langueur extrême ; un tourment incompréhensible le suivait partout et ne lui laissait nul repos. 

Une quatrième vision eut lieu : cette fois, des moines chantant les psaumes de la Pénitence, les litanies des saints, lui apparurent, et l’un d’eux, montrant la lumière au pauvre Gérard, lui appliqua un vigoureux soufflet qui le fit tomber à la renverse. L’injonction était devenue tellement énergique, qu’enfin le timide religieux se confit au prieur : à cette nouvelle, toute la communauté trésaille d’étonnement et d’espérance.

L’évêque est mandé ; on creuse la terre au lieu désigné par Gérard ; on y trouve un coffre qui contenait les vêtements encore tout sanglants de saint Lucien ; au milieu d’hommages solennels, ils sont déposés dans une châsse.

Fanny DENOIX DE VERGNES (1858)

Le bon Dieu du village

On raconte que lorsque l’église de Nieigles fut construite, les habitants de cette commune envoyèrent une délégation à l’évêché de Viviers pour aller chercher un bon Dieu. Trois délégués se présentèrent à l’évêché et firent connaître l’objet de leur mission. En l’absence de l’évêque, qui était en tournée pastorale, ce fut un de ses grands vicaires qui les reçut. Ce prêtre aimait assez à rire et la mission de nos trois délégués venait lui fournir une belle occasion de rire un tantinet. Il les fait asseoir un instant et les quitte pour aller chercher un bon Dieu. Il revient bientôt et leur remet un petit paquet soigneusement ficelé. « Voilà, mes amis, leur dit-il, votre bon Dieu, et qu’il vous ait en sa sainte garde. »

Les trois délégués quittent Viviers et se dirigent vers Nieigles avec leur précieux dépôt. Arrivés à Donzère, ils eurent la curiosité de défaire le paquet. – Cette curiosité leur était bien permise. – Ils mirent à nu, nous le donnons en mille… une gourde hermétiquement bouchée !

Cette gourde semblait ne rien contenir, tellement elle était légère. Nos trois délégués l’examinent, la retournent, la contemplent et se demandent comment peut-être le bon Dieu que la gourde contient. Enfin, se rappelant très bien leur catéchisme, ils se disent : « Mais que nous sommes bêtes ! Dieu est un esprit, on ne peut le voir ni le toucher. » Et ils continuent leur route, non sans retourner la gourde dans tous les sens. Un trait de lumière traverse l’esprit d’un des délégués, qui a l’idée de la frapper tant soit peu avec les doigts. Ô surprise : le bon Dieu répond du sein de son tabernacle : Voun ? Voun ? Voun ? Pour le coup, nos trois délégués s’arrêtent stupéfaits : ils se regardent, n’osant pas même respirer ; un silence de mort préside à cette scène ; le bon Dieu lui-même s’est tu… Pourtant ils se remettent en marche, tout tremblants de frayeur ; leurs jambes flageolent.

Peu à peu le courage leur revient, ils s’arrêtent pour contempler encore leur mystérieuse gourde. Celui qui la portait, – ils la portaient à tour de rôle, – la frappe un peu avec ses doigts, et le bon Dieu dit encore : Voun ? Voun ? Voun ? [où ? où ? où?] Cette fois, nos délégués avaient compris, et tous les trois, en chœur, répondirent au bon Dieu qui leur demandait voun [où] on le portait : O Nieïglé, bouon Dièou. [À Nieigles, bon Dieu.]

Ils étaient radieux de se trouver ainsi eu communication directe avec le bon Dieu ; et ils cheminaient toujours. Arrivés à la Levade, leur curiosité augmente ; ils savaient bien qu’ils portaient un bon Dieu qui parlait, mais comment était-il ce bon Dieu ? Il n’y avait qu’un seul moyen de le savoir, c’était de déboucher la gourde avec beaucoup de précaution et de regarder dedans très discrètement. Les scellés sont brisés à l’instant, à peine le bouchon est-il enlevé que le bon Dieu s’échappe de la gourde, sous la forme d’un frelon en disant toujours : Voun ? Voun ? Voun ? et nos trois délégués, tout penauds, de répondre en courant après lui : O Nieïglé, bouon Dièou.

Après une course échevelée de plus de deux heures, ils arrivèrent à Nieigles tout trempés de sueur, mais sans le bon Dieu qu’on les avait chargés d’apporter de Viviers. – Ils l’avaient perdu en route, les malheureux. Il ne resta, comme souvenir de cette mission mémorable, que la fameuse gourde. Elle est restée longtemps suspendue à la voûte de l’église.

Depuis, on dit : Féblés de Nieïglé, probablement parce que les fameux délégués de cette commune – ainsi que leurs mandants – avaient fait preuve d’une grande faiblesse d’intelligence.

VASCHALDE (1885)

La Croix de la Fontaine

Dans la paroisse de Badaroux existe une dévotion particulière pour la croix plantée à côté de la fontaine dite del Riou. C'est là que dans les temps de sécheresse, on fait, depuis longtemps, une procession pour obtenir du ciel une pluie bienfaisante. La tradition porte que très souvent, on a été exaucé avant même de rentrer dans l'église paroissiale.

L'origine de cette dévotion se perd dans la nuit des temps. Toutefois, la légende a voulu l'embellir de sa poésie imagée. Trois femmes, après avoir marché bien longtemps, arrivèrent en cet endroit, épuisées de lassitude et de soif. Elles allaient périr… Dieu entend leur fervente prière et aussitôt trois sources d'une eau limpide jaillissent de la roche... Ces trois voyageuses furent sauvées.

Ferdinand ANDRÉ (1873)

Le Pré-aux-Bœufs

À Mouzon existe un pré dit « le Pré-aux-Bœufs. » Dans l’église de Warcq, à cette époque – église alors en bois, – reposait le corps de saint Arnould. Warcq est assiégé par Othon de Castrice, emporté d’assaut, pillé, brûlé ; mais les flammes épargnèrent d’abord l’église.

L’archevêque Adalbérou, qui avait défendu Warcq, craignant de voir brûler le corps du saint, le fit sortir de l’église qui, immédiatement, fut consumée en un rien de temps. Adalbérou fit mettre les restes de saint Arnould sur un bateau et ordonna qu’en remontant la Meuse ils fussent transportés à Mouzon.

D’après la légende, les bœufs qui traînaient le bateau sur le chemin de halage, avant d’entrer à Mouzon s’arrêtèrent d’eux-mêmes à cet endroit qui a conservé le nom de Pré-aux-Bœufs, et au même moment, d’elles-mêmes, toutes les cloches se mirent à sonner, avertissant, par ce miracle, tous les habitants de Mouzon de venir solennellement à la rencontre de ces précieuses reliques.

Déjà, en route, près d’une maison de campagne nommée Torcy, une veuve ayant, de son voile, touché le cercueil du saint, avait subitement recouvré la vue.

Albert MEYRAC (1890)


La Tour sans Venin

Au-dessus de Fontaine, se dresse encore, sur une éminence rocheuse, la Tour-sans-Venin, autre merveille déchue, mais que recommandera toujours une admirable vue ; cela vaut bien tout ce que supposèrent nos aïeux.

Suivant eux, cette tour avait été bâtie sur de la terre apportée de Palestine par le neveu de Charlemagne, le paladin Rolland, et dès lors aucune bête venimeuse, ou prétendue telle, n’avait approché de ses débris. 

Cette croyance a duré jusqu’à ce qu’il se soit trouvé quelque mécréant assez indiscret pour chercher, et ce qui est bien pis, pour trouver là, comme ailleurs, tous les reptiles dont on niait la présence.

Guide du voyageur à Grenoble (1845)