Il n’y a pas plus de quinze ans que, de peur de mourir dans
l’année, un paysan de la Neuville n’aurait pas consenti à
habiter une maison neuve, si préalablement on avait égorgé un
coq en faisant couler quelques gouttes de son sang sur le seuil.
On venait à cette époque de bâtir une nouvelle mairie et personne ne s’y voulait marier, tant on craignait qu’il n’arrivât malheur au ménage. Pour vaincre cette répugnance, le maire, homme éclairé et peu enclin à la superstition, fut obligé de fermer les yeux et de laisser opérer, comme à son insu, le sacrifice du coq pour consacrer l’édifice. Je dis sacrifice, car c’était visiblement la tradition inconsciente d’un sacrifice à quelque divinité oubliée depuis treize ou quatorze siècles.
Frédéric BAUDRY (1876)
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